Une sélection de critiques dédiées à Condemned to live

Sorti depuis un peu plus de deux ans, Condemned to Live a recueilli plusieurs critiques sur le net, toutes positives, certaines remarquables, que nous vous proposons de (re)découvrir dans notre pressbook.

Critique parue sur vampirisme.com

Sympathique film fantastique, Condemned to Live débute en Afrique, mettant en scène trois personnages (un couple accompagné d’un de leurs amis), coincés dans une grotte redoutée des autochtones. Pour autant, c’est quelques années plus tard, à des centaines de kilomètres de là, que va se dérouler l’action principale du film. Celui-ci, s’il puise dans les codes du genre, de Dr Jekyll et Mr Hyde au Loup-Garou, en passant par Frankenstein, n’en propose pas moins une ambiance assez savoureuse, et des idées qui le font sortir quelque peu des sentiers battus, même si on note quelques faiblesses au niveau de la narration (notamment quelques allers et retours qui auraient pu être évités).

De nombreux éléments pourraient rattacher le film au cinéma d’horreur gothique, entre les villageois armés de fourches et de torches, le valet bossu du professeur Kristan, la partie vampirique du film (dont certaines scènes doivent sans doute beaucoup au Dracula de Browning), pourtant l’ancrage initial donne une origine du mal davantage ancrée dans le réel (même si les conséquences sont fantasmées). Le film vaut également pour l’interprétation de certains de ses acteurs, notamment Ralph Morgan, qui campe les deux états du professeur Kristan en les matérialisant uniquement par son jeu, sans aucun artifice.

Le mythe du vampire y est abordé de manière assez différente de d’habitude. Si les attaques subies par les villageois ont lieu uniquement de nuit, et laissent derrière elles des victimes exsangues, l’origine même du mal remonté à la chauve-souris vampire africaine, sans pour autant que ce soit un de ces animaux qui soit en cause. L’infecté (puisqu’il s’agit de ça) se comporte tout à fait normalement en journée, mais voit sa part vampirique prendre le dessus la nuit, quand la lumière est au plus bas.

Une découverte plutôt intéressante, même si l’image aurait mérité d’être restaurée a minima, de même que la piste son. N’en demeure pas moins que pour un film qui était devenu totalement invisible, le projet est louable et la version proposée se regarde sans problèmes bloquants.

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Critique parue sur sueursfroides.fr

Après quelques rares et peu fructueuses tentatives pour imposer le genre fantastique-gothique à l’époque du cinéma muet (NOTRE DAME DE PARIS de Wallace Worsley, 1923), la maison de production américaine Universal y parviendra au tout début des années trente grâce à deux chefs d’œuvre : DRACULA de Tod Browning (1931) et FRANKENSTEIN de James Whale (idem). L’engouement public sera tel que les « films de monstres » (aux vertus cathartiques évidentes en cette période anxiogène qui suit la crise de 1929) deviennent un véritable filon pour la compagnie de Carl Laemmle Jr. Ce précurseur est bientôt imité par certaines majors (la Paramount qui produit DOCTEUR JECKYLL ET MISTER HYDE de Rouben Mamoulian en 1931 puis L’ILE DU DOCTEUR MOREAU de Erle C.Kenton en 1932) mais surtout par une multitude de petits studios spécialisés dans la série B ou Z. L’un deux, la Republic, est un des plus solides à l’époque et il est constitué de l’union de six minuscules studios désargentés (les « Poverty Row ») parmi lesquels on retrouve le célèbre Monogram et l’inconnu Invincible Pictures à qui l’on doit CONDEMNED TO LIVE. Le film est réalisé par le prolifique mais quasi-oublié Frank R.Strayer réalisateur de quelques solides « thrillers » (MURDER AT MIDNIGHT, 1931 ; THE GHOST WALKS, 1934) et qui se tournera avec succès vers la comédie dès la fin des années trente, signant notamment une dizaine de « Blondie », adaptations d’une célèbre bande-dessinée américaine. Son œuvre la plus connue demeure THE VAMPIRE BAT (1933) avec Lionel Atwill dont le sujet et le traitement sont assez proches du film qui nous intéresse.

(…)

Après un prologue assez mystérieux et à l’imagerie quasi-biblique situé dans une grotte perdue dans la jungle africaine, CONDEMNED TO LIVE va situer son cadre diégétique dans un espace familier aux films d’épouvante gothique des années trente, celui d’un petit village européen du milieu du 19 ème siècle. Comme la plupart des modèles cinématographiques dont il s’inspire (les « monster movies » de la Universal), le film de Frank R.Strayer convoque un ensemble assez hétéroclite de thèmes, de motifs et d’archétypes issus à la fois de la littérature fantastique anglo-saxonne (les romans noirs ou gothiques plein de sadisme et d’érotisme sous- jacent), du cinéma expressionniste allemand ( avec ses figures monstrueuses, ses décors irréels…), le tout agrémenté d’une touche de « pulp fiction » pour les aspects un peu simplistes et convenus de l’intrigue : meurtres pseudo-mystérieux, amourettes contrariées…Si l’univers esthétique du long-métrage semble si évocateur, c’est tout d’abord par le fait que de nombreuses séquences ont été tournées dans les décors de LA FIANCEE DE FRANKENSTEIN (James Whale,1935) dont on retrouve presque à l’identique certaines ruelles du village avec ses voûtes d’ogives et ses habitants apeurés agrippant des flambeaux. Le film parvient néanmoins à ne pas être un simple démarquage « cheap » des grandes réussites artistiques de la Universal même si la dette à l’égard des œuvres de James Whale ou de LE MONSTRE DE LONDRES (Stuart Walker, 1935) auquel il emprunte notamment les caractéristiques lycanthropes du meurtrier est ouvertement exposée.

Ceci nous amène à souligner l’originalité du mal monstrueux dont est victime ce dernier, effrayant être hybride qui tient à la fois du vampire (il égorge et boit le sang de ses victimes féminines) et du loup garou (son faciès et son corps se transforment dans la douleur par nuits de pleine lune). L’autre aspect assez original et plutôt inattendu du film est de nous révéler assez rapidement, soit en milieu de métrage, l’identité véritable du meurtrier sanguinaire ; cette audace scénaristique a pour conséquence positive de laisser de côté l’aspect « whodunit » de l’intrigue pour s’intéresser davantage à la création d’une atmosphère à la fois lugubre et mélancolique. Ce premier climat est bien mis en images grâce aux scènes se déroulant majoritairement de nuit et éclairées principalement par des torches, lors de la découverte récurrente des cadavres dans la grotte. Les visages apeurés puis assoiffés de vengeance des villageois forment également des tableaux visuellement très réussis au sein de séquences habilement montées pour figurer la montée inexorable de la violence aveugle et collective. A ce titre, la scène où les braves gens trouvent un bouc émissaire idéal en la personne du domestique laid et bossu du professeur Kristian (joué avec efficacité par le second rôle Ralph Morgan vu dans THE MAD DOCTOR de Tim Whelan, 1941, produit par la Universal) est assez mémorable. Mais la mélancolie est peut être le sentiment qui prédomine dans CONDEMNED TO LIVE (dont le titre exprime d’ailleurs une forme de paradoxe plein d’amertume) puisqu’en substance, et sans en dire davantage sur l’identité et les « raisons » du criminel, c’est d’une forme de fatalité, de malédiction et d’impossibilité de vivre comme les autres dont il est question…

S’il n’atteint jamais la puissance formelle et souvent visionnaire des œuvres matricielles que nous avons citées, le film de Frank R.Strayer, en dépit des défauts inhérents aux bandes tournées en quelques jours (!) parvient à offrir un bon spécimen de l’épouvante gothique duquel ne sont absents ni l’ambiance funèbre du genre ni quelques trouvailles esthétiques et narratives. Un petit plaisir cinéphile non négligeable…

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Critique parue sur lepetitcinemadestephane.blogspot.fr

Réalisé par Frank R. Strayer (à qui l’ont doit le sympathique The Monster Walks en 1932 ou The Devil Bat en 1933), Condemned to live ne dépaysera pas les amateurs de ces vieux films d’antan et le charme désuet qui s’en dégage fonctionne toujours. (…)

Comme dans Frankenstein, le monstre du film de Strayer n’a pas conscience de ses actes et il ne doit cette malédiction qu’à la fatalité, comme on l’apprendra de la bouche d’un de ses amis proches. (…) .

Condemned to live flirte avec les histoires de vampires et leur folklore, tout en s’inspirant également du célèbre Dr. Jekyll et Mr. Hyde. Le héros du film, le professeur Kristan, est interprété par Ralph Morgan. Son personnage est un homme bon, serviable, et il est totalement adulé par les villageois, qui lui voue une confiance aveugle. Il est accompagné par Zan, son serviteur bossu (figure classique du cinéma d’épouvante) qui lui est interprété par Mischa Auer. Qui dit bossu dit forcément coupable possible. Mais ce n’est pas à nous qu’on fera gober ça, trop simple. Le pot-aux-roses est de toute façon dévoilé au milieu du film car le réalisateur ne joue pas avec le suspense et préfère s’attarder sur la condition du « monstre-victime ».

Le manque de moyen apparaît ici particulièrement flagrant et la transformation faisant d’un brave homme une sorte de tueur-vampire ne doit sa réussite qu’au jeu de l’acteur puisqu’aucun maquillage ne viendra l’enlaidir. On pourra trouver ça un peu « cheap » mais Condemned to live n’est qu’une petite production et on fait avec les moyens du bord, allant même jusqu’à réutiliser des décors d’anciennes productions Universal. On trouve néanmoins pas mal de séquences qui ravivent nos souvenirs : villageois armés de torche partant chasser le monstre, héroïne en détresse, nuit lugubre. La meilleure scène reste celle où l’héroïne, en compagnie du monstre sous son étant « normal », se met à éteindre petit à petit les bougies éclairant la pièce où ils se trouvent, ne sachant pas que l’absence de luminosité provoque la transformation fatale. Sympathique sans être exceptionnel, parfois un peu ennuyeux, Condemned to live mérite pourtant d’être vu et malgré son manque d’ampleur et de budget (le tournage ne dura qu’une dizaine de jours) , il reste un petit film sans prétention autre que de divertir.

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Critique partue sur flynnsfff.over-blog.com

Condemned to live a été réalisé en 1935 par le prolifique Frank R. Strayer.
Regroupant à l’écran Ralph Morgan, Pedro De Cordoba et Maxine Doyle, Condemned to live surfe sur la vague du film de monstres, populaire dans les années 30-40, notamment grâce aux productions Universal telles que Dracula ou Frankenstein. Tout du moins, celui-ci emprunte les codes du film de vampires et de monstres, proposant une histoire tournant autour d’une série de morts mystérieuses dans un petit village. Morts que l’on arrive à résoudre et qui, petit à petit, s’ébruitent, laissant penser qu’une chauve-souris vampire gigantesque commet ces crimes.

On est rapidement plongé dans un univers fantastique, à l’atmosphère sombre, lugubre à l’aide du scénario, mais aussi de la magnifique photographie noir et blanc de M.A. Anderson qui joue beaucoup sur la lumière provenant de torches et de bougies, laissant l’image principalement noire et mystérieuse.
Mais ce qui est encore plus intéressant ici, c’est le criminel. On nous dévoile très rapidement qui est le « vampire » et on se concentre alors sur le développement de l’intrigue et des personnages. Par la même occasion, le scénario de Karen DeWolf nous invite à réfléchir sur différents thèmes récurrents, comme par exemple le bien et le mal que l’on retrouve dans de nombreuses productions fantastiques.

Bien évidemment, la copie proposée par Hantik n’est pas d’excellente qualité. Cela dit, le film datant de 1935, elle reste correcte et permet, une fois de plus, de découvrir un film que l’on ne trouve pas partout et qui, pour le coup, est fort sympathique.

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Critique parue sur horreur.net

Sur le grand écran, les années 30 voient naître les grands classiques du fantastique signés par la firme Universal, avec les acteurs mythiques du genre : Boris Karloff et Bela Lugosi. En parallèle de ces grandes productions, le cinéma américain est bien évidemment envahi par bon nombre de séries B tentant de surfer sur la vague !

Ainsi, en 1935, Frank Strayer réalise Condemned to Live. A cette époque, les metteurs en scène de séries B signent environ cinq films par an, et n’ont donc pas spécialement de genres de prédilection. D’où des conditions de tournage (durée, budget, équipement) assez complexes, et une multitude de sorties conduisant souvent à un certain anonymat. Fort heureusement, certains éditeurs osent encore diffuser en DVD des raretés permettant de redécouvrir certains métrages tombés dans l’oubli.

Concernant Condemned to Live, le film débute dans un cadre exotique avant de basculer dans un schéma plus propice au frisson. Un monstre surnaturel terrifie une population se raccrochant aux superstitions locales pour ne pas sombrer dans la terreur pure. En cela, le métrage évoque La Marque du Vampire (sortie la même année). En ne nous dévoilant pas la nature de la créature pendant la première moitié du film, le cinéaste laisse le spectateur dans le doute. L’ambiance gothique évoque sensiblement l’univers de Dracula. Par ailleurs, la dualité du monstre rappelle irrémédiablement le héros de Stevenson, sur fond de religion (l’absence de lumière menant au Mal), tandis que les croyances des villageois (la peur du bossu et du démon) font penser à la fuite de la créature de Frankenstein, victime de sa différence et de l’intolérance de la foule. Ces thèmes, déjà explorés, permettent au film de basculer dans un air de déjà-vu qui lui est en fait bénéfique.

Entre deux attaques nocturnes, on se laissera facilement promener par une amourette classique (le fameux triangle amoureux), parfois un peu mièvre, et par des scènes futiles (celle des domestiques), censées apporter un peu d’humour mais finalement symptomatiques du cinéma des années 30.

L’épilogue, pour sa part, ne tombe pas dans le happy end pur et dur, et nous explique la finalité d’un prologue qui semblait assez décalé avec le reste du film. Le réalisateur offre un visage humain à son monstre, victime d’une malédiction, et le rapproche donc d’un autre mythe du cinéma fantastique, le loup-garou, ancrant avec talent son film dans le bestiaire horrifique du moment, malgré un budget limité. Interprétée par des comédiens de qualité, cette série B devrait satisfaire les nostalgiques du noir et blanc en quête de nouvelles trouvailles.

(…)

Le DVD est disponible sur notre site :

Condemned to Live (Frank R. Strayer – USA – 1935)

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