Le texte du booklet de The Bat

Comme on est trop sympa à Hantik Films, on vous fait un petit cadeau de noël avec le texte utilisé pour le booklet de The Bat, version française, rédigé par personne d’autre que Jean-Pierre Putters :

Il s’agit là d’une première adaptation du roman de Mary Roberts Rinehart, The Circular staircase, dont Roland West signera lui-même le remake en 1930, titré cette fois The Bat Whispers et tourné en deux versions, l’une en format traditionnel de 35 mm, l’autre en écran large, non pas de 70 mm, mais en 65 mm. Ceci dit, certaines sources parlent de 61 mm, d’autres soutiennent que, si, c’était décidément bien du 70 mm ! En clair, les puristes désireux d’en savoir plus amèneront leur double décimètre afin de prendre des mesures… énergiques ! La troisième version paraîtra en 1960 sous le même titre de The Bat, que les distributeurs français auront tôt fait de rebaptiser Le Masque. La curiosité de cette version plus tardive consiste à nous présenter comme coupable potentiel le talentueux Vincent Price, qui en fit bien d’autres il faut le reconnaître, mais dont l’innocence dans cette affaire constitue la seule surprise amusante de ce récit (un fait assez unique dans la mesure où le spoiler ne fait que très rarement s’poiler). Cette troisième aventure devait pourtant motiver la télévision américaine qui apporte sa pierre à l’édifice en 1960 sous la forme d’un premier chapitre d’une anthologie nommée Dow hour of great mysteries adaptant des œuvres de Wilkie Collins, Sheridan le Fanu ou John Dickson Carr. Cette version reprend le titre original de The Bat que dirige Paul Nickell, un faiseur télévisuel surtout connu pour ses six/sept segments d’une série Lassie plutôt lassante…
Le cinéma mexicain (qui faisait rien qu’à copier sur tout le monde dans les années soixante) offrait en outre quelques dérivatifs à ce thème avec La Sombra del Murciélago où le catcheur masqué affronte un méchant nommé La Chauve-souris, porteur d’un masque hideux surmonté de deux oreilles exagérément poilues.
On l’a prétendu parfois, Bat Whispers et The Bat comportent certains éléments dont s’inspirèrent les créateurs de Batman, Bill Finger et Bob Kane. Des plongées et contre-plongées vertigineuses, les acrobaties du tueur, son costume spécifique et même la projection de l’emblème de la chauve-souris sur les murs du manoir. Et dans le domaine des sources communes, n’oublions pas non plus ce que ce The Bat doit lui-même aux Fantômas de Louis Feuillade. La cruauté du méchant de service, son audace insolente et surtout un déguisement particulier qui le fait reconnaître aussitôt des spectateurs (mais jamais des forces de l’ordre, bien entendu).
Les premières images du film sont d’une beauté hallucinante : deux lueurs blanches viennent trouer l’écran noir succédant au générique qui vient de défiler et se termine par le conseil au public de ne pas révéler aux futurs spectateurs le nom de l’assassin. Progressivement, un masque de chauve-souris apparaît, suivi d’un fondu enchaîné dévoilant le décor de la ville quasiment expressionniste et traversée par une chauve-souris dessinée venant se poser au rebord d’une fenêtre. La photographie surprenante rappelle les meilleures heures de l’école expressionniste, dirigée par le magicien Arthur Edeson qui en fit bien d’autres au cours d’une carrière dévolue à des chefs-d’œuvre du genre comme Le Voleur de Bagdad, L’Homme Invisible, le Frankenstein de 1931 ou, cette fois dans un tout autre genre, le remarquable Faucon Maltais à l’éclairage si particulier. Sans oublier les décors somptueux de William Cameron Menzies, un futur réalisateur de films de science-fiction (Les Envahisseurs de la Planète Rouge, La Vie future), qui remportera en 1927 et 1928 un oscar de la meilleure direction artistique pour The Dove et Tempest (signés du même Roland West).
Jean-Pierre Putters

Vous pouvez acquérir le DVD de The Bat directement sur notre site au prix de 12.95 €, frais de port inclus.

Joyeux Noël !

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